L’usine et le centre de recherche
Roussel-Uclaf de Romainville
De 1920
à 2007
(De Roussel-Uclaf à Aventis en
passant par HMR)
1911 :
Invention de l’Hémostyl par Gaston Roussel
Le docteur Gaston
Roussel fonde son laboratoire qui fabrique notamment l’Hémostyl
à partir de sang de cheval. L’Hémostyl devient le
médicament classique contre les anémies, la tuberculose et les hémorragies.
1920 : Création de la première société du groupe Roussel-Uclaf
Gaston Roussel
crée l’ISH (Institut de Sérothérapie Hématopoïétique »)
qui produit l’Hémostyl en quantité industrielle.
1947 : Jean-Claude Roussel succède à son
père à la tête de l’entreprise
1968 : accords de coopération avec
Hoechst
L’Allemand Hoechst entre au capital de
Roussel.
1972 : Jean-Claude Roussel décède
1974 : Hoechst devient actionnaire
majoritaire
L’Allemand détient alors 54% du capital de
Roussel-Uclaf. Il restera un actionnaire « dormant » pendant 20 ans,
c’est-à-dire qu’il s’immisce peu dans la stratégie de Roussel-Uclaf. De
nombreux salariés ont l’impression que leur entreprise est toujours gérée par
la famille Roussel.
1982 : l’État français entre au
capital
Ensuite, l’État
français procèdera à une augmentation de capital lui permettant de détenir
environ 36% du capital donc une minorité de blocage.
1990 : l’État revend ses parts à
Rhône-Poulenc
Rhône-Poulenc
entre ainsi au capital de Roussel-Uclaf mais restera un actionnaire
« dormant ». Les deux actionnaires principaux sont alors l’Allemand
Hoechst (majoritaire) et le Français Rhône-Poulenc.
1995 : Création de Hoechst-Marion-Roussel
(HMR) : Hoechst prend les rênes et « américanise » le groupe
Dans un premier temps, Hoechst rachète à Rhône-Poulenc les parts qu’il
détient dans Roussel-Uclaf. Il prend ainsi le contrôle quasi total du capital
de Roussel-Uclaf.
Dans un second temps, Hoechst achète l’entreprise américaine Marion-Merrel-Dow dont l’ancienne équipe dirigeante prend
la direction scientifique et celle du développement international. HMR choisit
Romainville pour siège social.
De 1995 à 1998 : la politique d’ HMR
ébranle Romainville
Romainville souffre : la santé végétale est transférée (1995) pour
être fermée 2 ans plus tard, puis la santé animale est vendue avec suppression
d’emplois (1997 ), 4 des 7 axes de recherche en santé humaine sont abandonnés.
Pour autant, l’arrivée du siège social de HMR à Romainville et la
construction de nouveaux bâtiments d’une technologique très avancée suscitent
des espoirs (le bâtiment Fleming répond aux exigences de confinement biologique
de niveau L3 permettant la manipulation d’agents hautement pathogènes).
Novembre 1995 : appel pour la sauvegarde de
Roussel-Uclaf
Le texte se conclut ainsi : « Nous
vous appelons à agir pour obtenir du gouvernement qu'il s'engage par une
intervention concrète : pour le maintien de tous les emplois ; pour le
maintien de tous les sites ; pour le développement de la recherche et de
la production et faire que Roussel-Uclaf soit une ENTREPRISE CITOYENNE à
l'écoute de ses salariés et des besoins des populations. »
Il est signé par de nombreux salariés dont beaucoup d’ingénieurs et de
chercheurs et certains chefs de services. Il est également signé par des
personnalités du monde de la recherche, de la politique, etc. (Jean-Pierre
Chevènement, Pr. Albert Jacquard, l’ancien directeur des recherches RU, Gilles
de Robien, Marcel Debarge, Claude Piéplu…)
De 1995 à 1998 : de nombreuses
actions syndicales pour s’opposer au délitement du site
Grève et manifestation à Romainville (23 et 30/11/95) ;
Manifestation de Romainville à la nationale 3 (18/9/96) ; Distribution de
tracts sur la nationale 3 (mars 97) ; Meeting à Romainville avec les
syndicats allemands de Hoechst (20/01/98) ; Intervention à l’Union des
Industries Chimiques (27/01/98) ; Blouses blanches pendues aux grilles de
Romainville (02/98) ; Manifestation à « la ferme » à l’occasion
de sa fermeture (27/03/98) ; Conseil municipal extraordinaire de
Romainville où la défense du site est à l’ordre du jour (17/12/98).
Octobre
1998 : Le
rapport Monitor dévoile la stratégie du futur groupe Aventis qui résultera de
la fusion de HMR et Rhône-Poulenc
Le rapport
préconise la fermeture de plusieurs sites dont celui de Romainville.
L’année 1999 (de HMR à Aventis)
Janvier 1999 : Irruption d’un militant pendant la conférence de presse du pédégé de Rhône-Poulenc annonçant la fusion avec HMR, dont
résultera Aventis
Un militant CGT de Romainville s’y invite et pose une question :
« Quel avenir pour Romainville ? » Le pédégé,
désarçonné, répond qu’Aventis « se désengagera du site mais ne le fermera
pas. » En d’autres mots, le vendra. Après la conférence, les caméras de la
Une, la Deux et la Trois se focalisent sur le militant. Par la suite, l’accès
aux conférences de presse sera strictement contrôlé.
18 février 1999 : manifestation de 1500 salariés à
la Défense
Les salariés de HMR (les ex-Roussel-Uclaf et
les ex-Hoechst) se rassemblent à 11h30 à Romainville d’où ils partent en métro
vers la Défense. A 13 h., ils rejoignent les salariés
de Rhône-Poulenc devant la tour Paul Doumer (Rhône Poulenc). Le cortège se rend au pied de la tour Nobel (HMR). Le
texte suivant est lu : « Mesdames
et messieurs les dirigeants, nous vous demandons : D'abandonner vos
projets ; De maintenir les sites ; De maintenir les emplois ; De
maintenir l'ensemble des activités. »
16 mars 1999 : manifestation depuis l’usine jusqu’à l’église de Pantin en bloquant la
circulation
25 mars
1999 : une banderole sur
la Tour Eiffel
Déployée par les militants CGT
HMR de Romainville et les militants CGT RPR (Rhône-Poulenc Rorer), elle proclame : "HMR - RPR - EMPLOI -
SANTE - DANGER"
8 avril 1999 : manifestation en péniche sur
la Seine
Banderoles et fumigènes pour cette manifestation aquatique qui
bénéficiera de quelques minutes
d’antenne sur FR3
4 mai 1999 : manifestation à Matignon rassemblant près de
mille personnes
4 juin 1999 : manifestation
cycliste sur les Champs Elysées
Tentative de descendre les Champs-Élysées à vélos en distribuant un
tract de 4 pages. Déjouée par la police. Aucun écho médiatique.
30 juin 1999 : manifestation devant la bourse de Paris
Le cortège comporte des salariés de tous les sites Aventis de la région.
Des fausses actions-titres y sont brûlées
Septembre 1999 : Manifestation lors des entretiens de Bichat
(journées de formation continue pour les médecins)
Les salariés font irruption lors de ces rencontres, avec banderoles et
tracts.
27 septembre 1999 : opération péage gratuit en Région
parisienne (Survilliers sur l’A1)
Distribution de tracts par les salariés de Romainville et d’autres sites
de la région, ainsi que des élus de Romainville. Des automobilistes donnent le
prix du péage par solidarité
Octobre 1999 : diffusion de tracts dans plusieurs gares parisiennes
2 octobre 1999 : portes ouvertes à l’usine de Neuville-sur-Saône
Une délégation de Romainville s’y rend.
16 octobre 1999 : participation à la manifestation nationale
pour l’emploi
Les « Romainvillois » défilent
avec des Tee-shirts sur lesquels est inscrit : « La bourse contre nos
emplois contre la santé. Ca suffit. HMR » et « Tous ensemble, pour la
santé, pour l’emploi. HMR »
26 octobre 1999 : manifestation
intersyndicale pendant la conférence de presse annonçant la création d’Aventis
2 décembre 1999 : Vote à bulletin secret des salariés
organisé au bâtiment Pasteur
781 salariés d'HMR à Romainville votent pour
exiger l'intervention des pouvoirs publics pour le maintien de leur site, de
ses activités et de ses emplois. Les résultats sont portés au préfet de la
Seine-Saint-Denis le lundi 6 décembre.
15 décembre
1999 : Manifestation à l’occasion de l’assemblée des actionnaires de
Rhône-Poulenc qui finalise la naissance d’Aventis
Manifestation et
distribution de tracts aux actionnaires devant le bâtiment -Grande arche de la
Défense). Trois militants pénètrent dans la salle avant que les vigiles n’en
referment les portes. Laurent Poly,
vétérinaire d’HRVet (la branche vétérinaire de
Roussel-Uclaf filialisée sous le nom de HRVet) remet
« le diplôme de la honte » au pédégé de
Rhône-Poulenc futur pédégé d’Aventis.
La naissance
effective d’Aventis peut être datée de cette assemblée des actionnaires.
L’année 2000
(Aventis)
Janvier
2000 : La direction dévoile son
plan A : vendre Romainville.
Après l’avoir
niée, la direction reconnaît son intention de vendre le site de Romainville.
Janvier
2000 : Des cadres présentent un
projet de rachat qui inclut Romainville, nommé « Alternative »
Le projet
« Alternative » comporte le rachat de Romainville et de plusieurs
centres de production anciennement Roussel-Uclaf. Il s’agit, grosso modo,
« d’extirper » Roussel-Uclaf d’Aventis et de récréer Roussel-Uclaf.
Le tour de table financier est bouclé. La légitimité scientifique et
stratégique est apportée par la personnalité des porteurs du projet :
chercheurs, cadres managers. Secrètement, des cadres très proches de la
direction collaborent au projet.
Avril 2000 :
Diminution des effectifs de
Romainville par le plan « Alizé »
Ce plan de départ
en retraite anticipée est proposé aux volontaires âgés à 55 ans et plus. Au 1er
décembre 2000, 670 personnes auront quitté le groupe par ce biais.
7 juin 2000 : Délégation de
salariés à Strasbourg, lors d’un comité de groupe
Les comités de
groupe et les comités européens d’Aventis se tiennent sur un site anciennement
Marion. Rencontre d’une délégation avec le pédégé
d’Aventis.
23 juin 2000 : Manifestation en
camionnette
Des salariés
louent une camionnette avec un mégaphone. Une des banderoles proclame :
« 50% des maladies n’ont pas de thérapie adaptée ». Ils
traversent Paris jusqu’au siège d’Aventis à la Défense.
25 juillet 2000 : manifestation à
l’occasion d’un CEE devant le siège d’Aventis
28 août
2000 : Manifestation
à l’occasion de l'ouverture du nouveau siège
Aventis a vendu
la Tour Nobel de la Défense et inaugure son nouveau siège situé Quai de Seine.
Les salariés des services administratifs, basés à la Défense mais aussi sur
d’autres sites (dont Romainville) sont mutés à cette nouvelle adresse.
31 août
2000 : Manifestation à Antony
Le président d’Aventis-Pharma reçoit les délégations syndicales. La
discussion porte sur l’avenir de Romainville et de Cassenne.
Octobre
2000 : Échec de la vente de
Romainville par Aventis et rejet par la direction du projet
« Alternative »
La direction
étudie les propositions d’achat de Dupont de Nemours (janvier) et de Pierre
Fabre (août). Elle dédaigne le projet « Alternative ». Les
négociations avec Dupont et avec Fabre échouent. En octobre 2000, la direction
annonce que Romainville n’est plus à vendre.
Octobre 2000 : Projet du transfert du Développement des
procédés de Romainville vers Vitry et Neuville-sur-Saône
La CGT mènera la
lutte pour s’y opposer ; en vain.
75 salariés sont concernés.
17 octobre
2000 : élections professionnelles
de Romainville
La CGT arrive en
première place dans les 1er, 2ème et
3ème collège, aussi bien aux élections de DP (Délégués du Personnel) qu’au CE
(Comité d’Établissement).
23 novembre
2000 : Rencontre au ministère de
l’Industrie
Des salariés de
Romainville rejoignent leurs collègues de l'établissement Aventis "Central-Seine" et forment une délégation qui sera
reçue au ministère de l’Industrie.
24 novembre
2000 : Interruption du Comité
d'Établissement par les salariés de la comptabilité
Le CE a pour
objet la présentation du projet de réorganisation de la comptabilité d'Aventis.
Il prévoit la suppression de 62 postes sur l’ensemble de la comptabilité (fin
2001). Les salariés s’invitent au CE pour entendre l'exposé du responsable et
poser directement leurs questions.
7 décembre
2000 : Une délégation de salariés
rencontre les dirigeants à l’occasion d’un Comité de groupe Aventis à
Strasbourg
A l’occasion du
comité de groupe Aventis, les salariés demandent à être reçus par les
dirigeants. Dialogue de sourds entre les salariés et le PDG monde du groupe et
le responsable des ressources humaines Europe.
Fin 2000 : Annonce de regroupements d’activités hors
recherche entre différents sites
Des salariés de
Romainville sont transférés vers d’autres sites : Croix de Berny, Montrouge, Sièges (les deux sièges de ex-HMR et ex-Rhône-Poulenc sont regroupés à Paris Central
Seine après revente des deux tours de la Défense.)
Au 31 décembre 2000, l’effectif total
inscrit à Romainville est de 1818 salariés.
L’année 2001 (Aventis)
25 janvier
2001 : Manifestation des
Invalides au ministère de la Santé (300 personnes)
30 janvier
2001 : Manifestation à Bobigny à la
préfecture de Seine-Saint-Denis et réception par des élus du Conseil général
(350 personnes)
8 février
2001 : Participation des
« Aventis » à une manifestation
à Lyon à l’occasion du forum Biovision (présence de
Jacques Chirac)
1er
mars 2001 : L’ex-directeur de la
chimie médicinale de Roussel-Uclaf adresse une lettre au ministre de
l’Industrie
Extrait : « C’est un véritable gâchis organisé
auquel nous assistons aujourd’hui. Il est désolant de voir à quel point Aventis
fait fi des compétences scientifiques et des technologies de pointe accumulées
sur le site de Romainville. »
Mars 2001 : Mise en place d’un comité de soutien aux
activités de R&D du centre pharmaceutique de Romainville
La lettre du 1er
mars constitue le socle de ce comité. En avril, 200 chercheurs l’ont déjà
rejoint parmi lesquels de nombreux responsables d’unités de recherche (INSERM,
CNRS, INRA, CEA, Universités de Sciences, Pharmacie, Médecine…).
29 mars
2001 : Manifestations et
débrayages sur tous les sites d’Aventis à l’occasion d’un CCE extraordinaire
L’ordre du jour
est le suivant : Les délocalisations d'activités avec pertes d'emplois et
mobilités forcées (dont la comptabilité) ; Le projet d’organisation de la
DI&A (avec baisse d’activité et externalisation programmée du domaine des
maladies de l’os) ; L’éclatement du site de Romainville en deux
établissements distincts ; Le projet de transfert du Développement des
procédés et des brevets.
Les salariés de
Romainville manifestent au siège d’Aventis (Quai de Seine) puis rejoignent le
ministère de l’Industrie où une délégation est reçue. Elle indique que ses
exigences sont portées par plusieurs milliers de grévistes sur les sites, 600
manifestants sur Paris et des centaines sur Lyon.
Avril 2001 :
Aventis dévoile son plan B :
réorganiser la recherche en région
parisienne et imposer des mutations aux
salariés sans ouvrir de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)
Aventis décide de
réorganiser sa recherche et développement (R&D) en région parisienne. Elle
prévoit de muter plusieurs centaines de salariés de Romainville vers Vitry. La
direction menace de licencier les salariés refusant leur transfert.
La direction
« ouvre le livre IV » (c’est-à-dire applique les dispositions du Code
du travail rassemblées dans le livre IV) comme la loi l’y oblige. Le livre IV
expose l’argumentaire et le projet de l’employeur quand il prévoit une
réorganisation touchant de façon substantielle l’organisation du travail et de
l’entreprise. Il doit être présenté au Comité Central d’Entreprise (CCE) et aux
Comités d’Établissements (CE).
La direction
refuse d’ouvrir un livre III car il l’obligerait à présenter un Plan de
Sauvegarde de l’Emploi (PSE). Le PSE est un document qui regroupe un ensemble
de mesures destinées à limiter le nombre de licenciements et à favoriser le
reclassement des salariés dont le licenciement est inévitable. Il est
obligatoirement communiqué à la direction départementale du travail (DDTEFP).
Les représentants du personnel doivent être réunis, informés et consultés sur
le contenu du PSE. A défaut, la procédure de
licenciement est nulle.
La loi stipule
que : « La validité du PSE est appréciée au regard des moyens dont
dispose l’entreprise ou, le cas échéant, l’unité économique et sociale du
groupe. » Elle précise que « le comité d’entreprise, un syndicat mais
également les salariés peuvent contester la validité du PSE »
Le livre III et
le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui l’accompagnerait sont perçus par la
direction comme autant de droits supplémentaires pour les salariés et de
contraintes pour elle. La direction cherche à y échapper.
2 et 3 avril
2001 : envahissement
par les salariés du CCE extraordinaire qui se déroule à Antony
Avril à juillet
2001 : CE et CCE se succèdent
dans le cadre du livre IV
La Direction ne
modifie pas une virgule au projet.
4 juillet
2001 : Une délégation du Conseil
Général sur le site de Romainville
Les élus ont
répondu favorablement à une invitation de la CGT. Ils viennent soutenir les
salariés et exprimer leur inquiétude quant à l’avenir du site. La direction
leur refuse l’entrée dans l’usine.
21 septembre
2001 : Opération
portes ouvertes à Romainville
Les salariés
invitent des élus, des journalistes, des personnalités de la recherche.
L’écrivain Didier Daeninckx est présent. La direction
refuse l’entrée aux invités, ferme les portes et fait appel à une entreprise de
sécurité.
Octobre
2001 : Les syndicats attaquent le
plan B
Le CE (Comité
d’Établissement) et les syndicats CGT et FO décident d’attaquer la direction en
référés devant le tribunal de Nanterre pour contester l’ensemble de la
procédure.
14 novembre
2001 : Victoire !
Le tribunal de
Nanterre donne raison aux salariés. Le plan B est bloqué ; le transfert de
personnel ne peut avoir lieu dans ces conditions La direction fait appel.
Novembre
2001 : Un investissement pour
Romainville
La direction veut
regrouper à Romainville l’activité recherche en anti-infectieux menée à Vitry
et à Romainville et réaménage à cette fin des laboratoires à Romainville. Plus
tard, cette activité anti-infectieux sera extraite
juridiquement du groupe Aventis en étant externalisée dans l’entreprise Novexel qui naît sur le site de Romainville (seulement une
trentaine de salariés début 2008).
29 novembre
2001 : Conférence
de presse devant l’usine en présence de Bernard Thibault, secrétaire général de
la CGT
Décembre
2001 : Séparation en deux unités distinctes du
centre de production (250 personnes) et du centre de recherche.
Elle deviendra
juridiquement effective l’année suivante.
20 décembre
2001 : Le comité d’établissement
informe de la décision de vendre des bâtiments
Les bâtiments
Marie Curie, Jean-Claude Roussel, Claude Bernard, Fayol sont mis en vente. 667
places de parking complètent le lot. Aventis devient locataire des bâtiments
Jean-Claude Roussel et Fayol.
Après avoir été
vides pendant plusieurs années, ces bâtiments ont trouvé des locataires qui
devraient emménager début 2008.
Au 31 décembre
2001, l’effectif total inscrit à Romainville est de 1215 salariés
(501 salariés de
moins que l’année précédente).
L’année 2002 (Aventis)
16 Janvier
2002 : Victoire confirmée, exit
le plan B
La cour d’appel
de Versailles confirme le référé rendant impossible l’application du plan de
restructuration de la recherche en Région parisienne dans les conditions
antérieures.
L’avocat qui
défend les salariés de Romainville prévient : « Ces grands groupes ne
sont jamais battus. Ils anticipent les décisions de justice, qu’elles soient
positives ou négatives.»
7 janvier
2002 : Les rapports confidentiels se suivent et se
ressemblent
Les syndicats
prennent connaissance du rapport du cabinet Boston Consulting Group, commandé
par la direction. Il prévoit la réorganisation du centre de recherche de Paris
(c’est-à-dire l’ensemble des sites de recherche du groupe en région parisienne)
et, tout comme le rapport Monitor de 1998, la fermeture de Romainville.
Début 2002 : Mise en place de la
sous-traitance des services d’appui à Romainville
Elyo assure l’ensemble des services techniques
d’entretien.
Février
2002 : Aventis contre-attaque par
un plan C qu’elle abandonnera : « les mouvements ciblés »
Ce plan présenté
par la direction inclut le transfert rapide d’activités comme le Développement
des procédés, la Pharmacocinétique, de Romainville vers d’autres sites de la
région parisienne. La CGT et la CFDT négocient avec la direction un accord de
méthode sur ce projet. Mais la direction l’abandonne en juin 2002 et parle
d’une nouvelle stratégie à venir.
14 mai 2002 : Délégation de salariés à Strasbourg à
l’occasion d’une assemblée générale des actionnaires
Les salariés ont
tiré un fil, telle une corde à linge sur l’esplanade, sur laquelle ils pendent des blouses et
épinglent des feuilles marquées de slogans : « Pour la santé, pour la
sécurité alimentaire, halte au massacre de nos sites » « Pas de
spéculation sur la santé »…
Juillet
2002 : Le dépeçage de Romainville
continue, cette fois-ci via les filialisations
Aventis se
désengage de son activité sur la Maladie de l’os en la confiant à une filiale
qui est créée à cet usage sur le parc Biocitech : Proskélia.
Courant 2002 : Le morcellement du site se
poursuit
Des grilles
apparaissent, notamment à l’usine 1 entre les bâtiments à louer et les
bâtiments de Biocitech.
27 septembre
2002 : Action syndicale : A
l’occasion d’une Assemblée Générale au bâtiment Pasteur, les DRH d’Aventis sont retenus
Le Responsable
des ressources humaines du groupe Aventis, accompagné de plusieurs DRH (chaque
domaine médical est chapeauté par un Directeur des Ressources Humaines), vient
expliquer le PSE à l’ensemble des salariés. Le DRH de l’établissement de
Romainville est également présent.
« Vous ne
sortez pas sans avoir répondu à nos préoccupations ! » leur intiment les salariés, mécontents du PSE.
Les portes sont grandes ouvertes, mais les dirigeants ne quitteront la salle
qu’à minuit.
18 octobre
2002 : Aventis présente au CE et
CEE un plan D qui signe l’arrêt de mort du centre de recherche de Romainville
(ouverture du livre IV)
La direction
expose un plan de restructuration qui se
traduit par la fermeture du Centre de recherche Romainville. Le Centre de
production (ex-Usine 4, environ 250 personnes) n’est pas concerné par cette
fermeture. Ce plan sera mené à son terme.
Ce ne sont donc
pas des difficultés économiques du groupe (il est florissant), ni des
déficiences de Romainville qui justifient ce plan (l’excellence du site – les
compétences de ses professionnels, la qualité de ses installations, sa capacité
d’innovation – ne sera jamais mise en cause par la direction).
La direction
justifie ce plan par une stratégie mondiale. Le livre IV stipule que cette
« seconde » restructuration (après celle « avortée » de
2001) est inscrite dans une stratégie de réorganisation mondiale de la
recherche et développement (DI&A) incluant la focalisation sur 3 domaines
de recherche : Système Nerveux Central, Diabète et Cancérologie. Cette
stratégie mondiale se décline au niveau de la France par une réorganisation de
l’ensemble des activités de recherche et développement d’Île-de-France qui
touche les sites de Croix de Berny, Vitry et
Romainville. Un des aspects stratégiques essentiels est l’abandon des
anti-infectieux (domaine de l’antibiothérapie) qui entraîne la fermeture d’un
des deux centres de recherche, à savoir Romainville (l’autre étant Vitry).
Selon les mots du livre IV, il faut « adapter la recherche et
développement sur le positionnement commercial. » Dans ce cadre, les
antibiotiques ne sont plus jugés commercialement stratégiques. La stratégie se
focalise encore davantage sur une course aux blockbusters,
ces médicaments capables de générer plus d’un milliard d’euros de chiffre
d’affaire par an.
La page 1 du
livre IV explique que cette réorganisation vise à « améliorer sa
compétitivité [celle du groupe] et sa performance. » Aventis est alors le
premier groupe pharmaceutique français. Son site Internet proclame à l’époque
qu’avec « 15,6 milliards d’euros de vente dans le monde », il connaît
« au minimum 10% de croissance moyenne par an ». En 2002, il totalise
11,2% du marché officinal.
L’inscription
dans une stratégie mondiale et la priorité au rendement financier à court terme
constituent les éléments primordiaux qui motivent cette vaste réorganisation
incluant la fermeture du centre de recherche de Romainville.
24 octobre
2002 : À 11 heures, les salariés
des services d’appui lisent une déclaration au directeur d’établissement de
Romainville
Elle sera lue
chaque jour et débute ainsi
« En travaillant et s'investissant sérieusement depuis des
décennies, les salariés des services d'appuis ont permis aux chercheurs de la
Recherche et du Développement de Romainville :
. de
travailler, chercher, trouver en toute sécurité dans leurs labos, dans leurs
secteurs, (pompiers, préventions, environnement)
. de
travailler, chercher, trouver, en ayant un suivi médical sérieux (infirmières,
médecins)
. de
travailler, chercher, trouver, etc.
Elle se poursuit sur le même mode en citant tous les
services : jardiniers, employés de
ménage, ouvriers de l'entretien ;
employés de laboratoire ;
employés du service Formation ;
employés de la paye, du service social, accueil, standard ; employés des magasins produits, préparations
milieux, achats, collection ;
employés du service archivage ; employés des services achats ; salariés de la Comptabilité ; employés
des services manutentions, salariés du service transport, coursiers ;
salariés du service informatique ; salariées du Comité d'établissement,
bibliothèque du CE ; salariés des services techniques, électriciens,
mécaniciens, énergie, régulation... ;
salariés du service réception, du service courrier ; salariés de la
restauration ; salariés des
services reprographie et multimédia ;
salariés de la crèche. »
Et se termine
ainsi :
« Aujourd'hui, vous nous annoncez la fermeture du Centre de
Recherches Aventis de Romainville, entraînant dans les services d'appuis
essentiels à la recherche, la disparition de 268 postes sur 296 (268 postes où
sont présentes au moins 268 personnes), entraînant avec eux environ 400
salariés d'entreprise de sous-traitance présentes sur le site depuis de
nombreuses années (TFN, Comanet, Elyo,
ACR, CEFF, Caquelard, Sogéres,
…)
Nous vous demandons d'étudier un autre projet… »
Novembre
2002 : Publication de la
proposition alternative qui s’appellera Néréis
Au 31 décembre
2002, le bilan social distingue pour la première fois le Centre de recherche de
Romainville du Centre de production de Romainville du fait de la scission
juridique des deux établissements.
L’effectif total
inscrit au Centre de recherche Romainville est de 1082 salariés.
L’effectif du
Centre de production de Romainville est d’environ 200 salariés.
L’année 2003 (Aventis)
Janvier
2003 : Lors d’un CCE, la CGT et
la CFDT de Romainville présentent un projet alternatif à la fermeture du
site : « Néréis »
Ce projet inclut
des activités de R&D notamment autour des anti-infectieux. Il occuperait 500 salariés sur le site. Lors de ce même
CCE, la CGT de Vitry (site anciennement Rhône-Poulenc) présente son propre
projet qui concurrence le projet Néréis puisqu’il propose de développer une
recherche en anti-infectieux à Vitry.
Janvier 2003 : Des salariés créent
un site Internet dédié à Néréis : www.nereis-sante.com
« La restructuration [envisagée par Aventis] […] vise l’abandon d’un
axe thérapeutique majeur que constitue les anti-infectieux. […] Pour mémoire, 17
millions d’individus meurent par an de maladies infectieuses. Cette
stratégie se fait au prétexte d’une
rentabilité moindre [des anti-infectieux] et de l’insolvabilité des patients
atteints de parasitose alors que dans le même temps, le groupe Aventis annonce
un résultat net en hausse de 28% en 2002, à 2,09 milliards d’euros.
« Afin d’être le plus
possible en cohérence avec ses atouts, et de répondre tant à l’intérêt des
malades que du personnel, sans se placer dans une confrontation frontale avec
la direction d’Aventis, le projet Néréis a pour objets principaux :
-
la sauvegarde d’une recherche française et européenne de haut niveau
dans le domaine des anti-infectieux concourant, par la même, à une indépendance
thérapeutique dans cet axe qui n’est plus travaillé à cette échelle dans la
CEE.
-
La constitution d’une structure de développement du médicament
permettant de valoriser les travaux issus de la recherche privée ou publique
[…],
-
La création d’un centre de formation au médicament.
L’ensemble devant contribuer à la
construction d’un « pharmapôle » public-privé susceptible de devenir un centre
d’attractivité pour une innovation thérapeutique prenant en compte des concepts
éthiques, et non uniquement basé sur, ni soumis aux, « lois du
marché ».
Le Monde
Diplomatique (mars 2003) et la magasine anglais de référence Nature (avril
2003) publient des articles sur Néréis.
19 février
2003 : campagne d’affichage
lancée par les élus du Comité d'Etablissement
L’affiche (4 m
sur 3) interpelle directement la direction d'Aventis et les pouvoirs publics.
Elle couvre plus de 300 panneaux publicitaires de Seine-Saint-Denis.
24 février 2003 : fermeture du livre
IV au CCE.
250 salariés sont
présents dans la salle.
Mars 2003 : les procédures légales suivent leur cours
avec l’ouverture du livre III
La direction
présente le livre III aux instances représentatives du personnel :
chiffres de suppressions et transferts de postes ainsi que les modalités
d’application du PSE.
Pour les 871
salariés du Centre de recherche Romainville concernés par le PSE : 479 postes sont
supprimés (45%) obligeant les 479 salariés concernés à rechercher un emploi
(les services dit « supports » sont particulièrement touchés :
268 salariés) et 395 postes sont transférés (55%) offrant une solution de
reclassement en interne à ces salariés (en majorité vers Vitry,
quelques-uns vers Croix de Berny).
Pour le site de
Vitry : 146 postes supprimés. Pour celui de Croix de Berny :
33 supprimés et 14 transférés.
Globalement en
Île-de-France : 666 supprimés et 534 transférés pour un total de 1200
postes.
Parmi les
modalités du livre III, une Cessation Anticipée d’Activité (CAA), autrement dit
une préretraite, est proposée pour les salariés nés en 1947.
La direction
signe une convention de réindustrialisation avec le
préfet de Seine-Saint-Denis dans laquelle la direction s’engage à réindustrialiser Romainville à travers la création d’un
parc technologique (appelé Boréalis puis Biocitech)
ainsi que le département de Seine-Saint-Denis. Cet engagement s’inscrit dans la
loi de Modernisation sociale qui prévoit que « les entreprises occupant plus de 1000 salariés […] sont tenues
de prendre des mesures permettrant la création d’activités et le développement
des emplois dans le bassin d’emploi affecté par la fermeture totale ou
partielle du site. »
Biocitech est
pris en charge financièrement par Aventis pour trois ans à compter de
l’ouverture du PSE.
Aventis s’engage à recréer 1035 emplois avant septembre 2005.
13 mai
2003 : Néréis : Présentation
du projet au ministère de la Recherche et de l’Industrie
L’accueil est
cordial, le projet jugé intéressant, mais le ministère affirme son impuissance
à soutenir le projet.
23 juin
2003 : Néréis : Conférence de presse à l’assemblée nationale à l’invitation des élus du
PCF
Cette conférence
de presse est largement relayée par la presse nationale (Les Échos, Le
Parisien, Le Figaro, Le Dauphiné Libéré…).
Juin 2003 : La direction rejette
officiellement le projet Néréis
Pourtant, les
cabinets d’expertise Bionest, Sécafi et
Coexco ont tous trois jugés le projet Néréis
viable.
4 juillet
2003 : Grève
et manifestation devant les grilles de Romainville
Pendant que la
direction reçoit les syndicats au siège du groupe, 300 salariés grévistes font
brûler une torche devant les grilles de l’usine et organisent un sit-in route
de Noisy.
Juillet 2003 : Issue pour les
salariés nés en 1948
Ils pourront
opter pour un départ en Cessation Anticipée d’Activité
2 septembre 2003 : Manifestation à
Antony devant le site Aventis Croix de Berny 2
500 manifestants
de Romainville.
16 septembre 2003 : Action
syndicale : la CGT et FO cadenassent les grilles de l’usine
L’opération se
fait à l’aube. Les salariés ne peuvent entrer dans l’usine. Mme Élisabeth
Guigou, alors en campagne électorale, arrive sur les lieux avec des
journalistes de la télévision. Alors qu’elle s’apprête à faire une déclaration
devant les grilles de l’usine, elle est prise à partie par des salariés qui lui
reprochent de faire de la récupération politique et de ne pas s’être engagée pour
la survie du site quand il était encore temps.
24 septembre 2003 : Manifestation de
Romainville à la préfecture
En tête de
cortège, sur un gros ballon blanc gonflé à l’hélium, est inscrit :
« Aventis licencie – Gouvernement complice ». Devant la préfecture,
les salariés scandent : « Deux milliards d’euros ! Aventis
licencie ! Non, non, non, il n’en est pas question ! » Une
délégation (3 représentants syndicaux CGT, CFDT, FO et douze salariés) est
reçue par le directeur de cabinet du préfet. Elle demande au directeur
départemental du Travail de dénoncer les insuffisances du plan social.
Septembre
2003 : fermeture du livre III et
mise en œuvre du Plan de Sauvegarde de l’Emploi
Annonce
nominative des postes transférées et supprimées au terme de l’application de
critères de licenciements composés à 55% de critères personnels (situation
familiale) et à 45% de critères professionnels appliqués « de façon
obscure et orientée par les hiérarchies » selon les syndicats (des
responsables de laboratoire obtiennent un zéro pointé).
La mesure de CAA
(Cessation Anticipée d’Activité) est étendue aux personnes nées en 1948 dans la
version du livre III du 22 septembre.
Septembre 2003 : La direction
présente un projet de plate-forme CNRS INSERM qui pourrait s’implanter sur le site
Le projet
avortera un an plus tard.
1 octobre
2003 : Blocage
du TGV Thalys à la gare du Nord
80 salariés
occupent les voies. La police les déloge et les encadre vers l’extérieur de la
gare.
2 octobre
2003 : Blocage
du dépôt d’Aventis à Garonor
150 salariés
bloquent un dépôt Aventis qui constitue une plate-forme routière de
distribution des produits pharmaceutiques pour obtenir du gouvernement (via le
préfet) un arrêt de la procédure de restructuration.
6 octobre
2003 : Les salariés sont informés
par leur hiérarchie de leur sort
Les salariés
apprennent verbalement et par courrier l’annonce de la suppression ou du
transfert de leur poste. Les salariés dont les postes sont supprimés reçoivent
leurs lettres de notification de licenciement à partir de janvier 2004.
9 octobre
2003 : Manifestation
et envahissement du LEEM
Le LEEM (Les
entreprises du médicament) est la structure patronale des entreprises
françaises du médicament. 100 Romainvillois présents.
14 octobre 2003 : Deux dirigeants sont
retenus jusqu’à une heure du matin
Depuis
l’ouverture du PSE, les représentants syndicaux ont instauré une nouvelle
pratique syndicale en réunion de CE (comité d’établissement) : les
« portes ouvertes ». Le directeur de l’établissement de Romainville,
président du CE, demande traditionnellement à la secrétaire du CE (CGT) en
début de séance à 14 heures : « Je suppose que nous allons
avoir de la visite ? ». Elle lui répond : « Mais les
salariés sont ici chez eux », puis va leur ouvrir les portes.
Ce 14 octobre,
les réponses apportées par le directeur de l’établissement de Romainville et le
responsable de la DRH de Romainville ne satisfont pas la cinquantaine de
salariés présents. Ils exigent la venue du responsable DRH du groupe Aventis.
Celui-ci refuse de se déplacer à Romainville dans ces conditions. Le syndicat
l’appelle au téléphone toutes les demi-heures. Il arrivera sur le site à une
heure du matin. Des salariés d’autres sites viennent en soutient ainsi que des
conjoints et amis…
16 octobre
2003 : Manifestation
au Centre de recherche de Vitry
Octobre 2003 : Première
« rencontre du mardi »
A l’initiative de
la CGT, une rencontre des salariés est programmée chaque mardi. On y fait le
point des actions juridiques en cours, des difficultés de chacun, des
perspectives. Pour de nombreux salariés, ces rencontres constitueront un
soutien moral. Elles se tiendront
jusqu’en 2006 (environ tous les mois). Ensuite c’est l’association RU
qui organisera tous les deux ou trois mois des points de rencontre
4 novembre 2003 : Manifestation
au LEEM
La manifestation
est faite en compagnie des salariés du groupe Pfizer qui connaissent eux-aussi des problèmes d’emploi. Le phénomène de
concentration des entreprises, de focalisation de la recherche sur les blockbusters et de licenciement touche l’ensemble de
l’industrie pharmaceutique (à de rares exceptions près). Les salariés entrent
dans les locaux de la chambre patronale
et exigent des reclassements.
Décembre 2003 : Conception d’une
feuille d’information « Nous accusons ! »
Elle dénonce la
politique d’Aventis en prenant l’exemple de l’abandon de l’Eflornithine
(« Le fabricant en a arrêté la
production en 1995, arguant de problèmes de solvabilité. Ce médicament de la
maladie [du sommeil] ne touche que des malades pauvres qui ne peuvent payer le
traitement. En 2001, après plusieurs années de pression, la firme s’est engagée à fournir les quantités nécessaires pour 5
ans. » 60 millions d’Africains sont affectés.
Elle dénonce
également les salaires des dirigeants. 7 d’entre eux cumulent 4,3 millions
d’euros (hors plus-value et stock options), soit 3576 SMIC. Elle présente le
projet Néréis.
4 décembre
2003 : Repas
d’adieu au site de Romainville
Le CE organise,
au self, ce repas d’adieu à leur usine pour tous les salariés qui sont
transférés sur d’autres sites.
16 décembre
2003 : Participation à une
manifestation en direction du LEEM à Boulogne
Novembre
2003 : Les salariés nés en 1949
et 50 se rassemblent et s’organisent pour ouvrir des négociations avec la
direction (mars à juillet 2005) afin d’obtenir des départs en CAA
Ceux nés en 49
l’obtiendront mi-2005 avec mise en application au 1er octobre 2005,
contrairement à ceux nés en 50 seront à reclasser ou licenciés (le 30 septembre
2005).
Décembre
2003 : Le
dernier Noël à Romainville pour de nombreux salariés
Les salariés
transférés en Région parisienne (Vitry, Alfortville,
Compiègne, Le Trait…) fêtent avec leurs collègues leur dernier Noël sur
le site (parfois dans le laboratoire même).
Fin 2003 : La crèche d’entreprise devient crèche
associative
Aventis décide de
supprimer la crèche d’entreprise qui existe depuis 1947.
Le CE prend l’initiative de sauver la crèche qui devient associative. Son
financement est assuré par le département, la caisse des allocations
familiales, les entreprises qui « prennent des places », les parents.
Au 31 décembre 2003, l’effectif total inscrit au centre
de recherche de Romainville
est de 971 salariés.
L’effectif du Centre de production de Romainville est
d’environ 250 salariés.
L’année 2004 (Aventis devient sanofi-aventis)
Janvier
2004 : Sanofi lance une OPA sur
Aventis qui durera jusqu’en avril
Lancer une OPA
signifie prendre le contrôle d’une entreprise en devenant actionnaire
majoritaire. L’OPA réussira en avril. Le groupe sanofi-aventis est
officiellement créé le 20 août.
Janvier 2004 : Aventis, bien
qu’attaqué par l’OPA de Sanofi poursuit la fermeture du centre de recherche de
Romainville
Aventis ne marque
pas de pause dans la restructuration. Un planning de transfert définit la
mutation du personnel et des activités jusqu’à la fin 2004, date à laquelle le
Centre de recherche devrait être vidé de ses salariés.
Janvier
2004 : une action en justice
perdue
Les syndicats
attaquent la direction au sujet de l’utilisation des critères dits
« professionnels » qui ont fondé pour 45% la décision de la direction
quant aux suppressions de postes. Le procès en référé ne leur permet pas de
contrer l’utilisation de ces critères.
Janvier
2004 : les lettres de
licenciements
Elles sont reçues
par certains salariés en poste supprimé. Les congés de reclassement débutent à
la date de la notification de licenciement (15 mois maximum pour les moins de
50 ans et 17 mois maximum pour les plus de 50 ans).
Février
2004 : les salariés licenciés
sont immédiatement dispensés d’activité
Début 2004 :
La cellule de reclassement débute son
travail
Sa mission est
d’aider les salariés auxquels aucune solution de reclassement en interne n’a
été proposée à retrouver du travail. Les entretiens se déroulent dans
l’enceinte de l’entreprise au bâtiment administratif Fayol (ex-usine 1) qui a
été loué par sanofi-aventis.
1er
février 2004 : Création du Parc Biocitech sur le site de Romainville
L’entreprise
Dalcéo est chargée de la gestion du parc Biocitech en offrant des prestations auprès des
entreprises locataires du parc : accueil, services d’entretien, sécurité…
Aventis a passé un contrat pour 5 ans avec Dalcéo ce qui laisse planer des
incertitudes à son échéance.
53 des 479
personnes licenciées sur le site de Romainville sont réembauchées dans Dalcéo
avec perte de rémunération, déqualification et perte de statut. Aventis assure
pendant 3 ans une compensation partielle de la perte de revenus pour les
salariés reclassés dans cette structure (à l’issue de cette période, la perte
de salaire peut s’élever à 40%). Plus de 80% des salariés de Dalcéo ex-Aventis
ont entrepris des démarches aux Prud’hommes afin de dénoncer les pratiques
d’Aventis. Jugement en juin 2008.
Une quarantaine
de salariés sanofi-aventis reclassés, licenciés ou ayant tenté de créer une
entreprise « vont aussi aux prud’hommes » demandant réparation (la
date du jugement n’est pas encore fixée).
Deux groupes de
salariés (soixante-dix au total) entament des procédures aux prud’hommes pour
réclamer réparation à Aventis (Aventis pharma SA existe toujours juridiquement
sans effectifs !). D’un côté les salariés de Dalcéo et Sogérès
anciennement salariés Aventis. De l’autre les salariés sanofi-aventis licenciés
ou reclassés. (jugements attendus au cours de l'été
2008)
Je syndicat CGT
entre en justice sur le fond, sur le non-fondé des
licenciements économiques, les qualifiant de
licenciements boursiers (jugement attendu au tribunal d’instance).
Avril 2004 :
sanofi-aventis maintient l’option
choisie par Aventis : fermer le centre de recherche de Romainville
sanofi-aventis poursuivra le plan social qui lui a
été légué par Aventis. La transition se fait « en douceur » : la
plan dit « social » reste le même, malgré des premières déclarations
qui se veulent rassurantes de la direction.
11 mai 2004 : Manifestation à la
Défense puis à Antony
Organisée par la
Fédération départementale chimie de la CGT, cette manifestation réunit le matin
des salariés de plusieurs groupes dont le siège social se situe à la Défense.
Une banderole dénonce : « La bourse contre les emplois et la
santé. »
Les manifestants
entourent le parvis d’un long tissu noir. Les salariés d’Aventis se rendent
l’après-midi à leur siège social « Croix de Berny ».
8 juin
2004 : Débat à Romainville
co-organisé par des scientifiques d’Aventis et par "Sauvons la
Recherche !"
Ces débats
explorent les relations entre recherche privée et recherche publique.
Interviennent des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, d’Aventis Pharma France, de Proskélia. La visite du site est refusée par la direction.
Fin juin
2004 : Des
salariés nés en 1947 et 1948 se regroupent en association et attaquent
Aventis aux Prud’hommes
Les salariés
(environ 200) nés en 1947 et 1948 des sites d’Antony, Romainville et Vitry et
qui sont entrés en Cessation Anticipée d’Activité (CAA) dans le cadre du PSE
poursuivent leur combat contre le prélèvement d’une partie importante de leur
indemnité de licenciement sur leur préretraite. 80 salariés se constituent en
association. Un recours est déposé aux prud’hommes mais la demande sera scindée
entre cadres et non cadres.
Les non cadres
seront déboutés fin 2005 et les cadres en octobre 2006 (sans argumentations
précises, si ce n'est le fait que les salariés aient signé leur CAA). En appel,
les non cadres seront de nouveau déboutés (au motif que la séparation entre
direction et salariés aurait été faite d’un commun accord !). L’appel des
cadres passera en mars 2008, sans grands espoirs.
Les salariés ne
poursuivront pas en cassation, la procédure étant trop onéreuse.
Juillet
2004 : sanofi-aventis
se désengage de l’activité anti-infectieux en la filialisant sur le site même.
Novexel est créée. C’est une « spin
off », c’est-à-dire une petite entreprise filiale d’un grand groupe
(Aventis). Elle reprend une partie des anti-infectieux développés historiquement
sur le site. Elle emploie 35 personnes à sa création au lieu des 90 prévus
initialement.
20 août
2004 : Création
officielle du groupe sanofi-aventis
Au 31 décembre
2004, l’effectif total inscrit à Romainville au centre de recherche de
Romainville est encore de 252 salariés. La direction avait prévu qu’il serait à
cette date de zéro (livre III p.7)
L’effectif du
Centre de production de Romainville est d’environ 250 salariés.
L’année 2005
Début 2005 :
sanofi-aventis met en place une
structure chargée de reclasser les salariés
De nombreux
salariés perçoivent l’activité de cette structure (à distinguer de la cellule
de reclassement), non pas comme une aide mais au contraire comme une tentative
de leur faire accepter des reclassements « en force ».
Mars 2005 : Le PSE est prolongé de 7 mois, Un court répit qui ne sera qu’un sursis
L’échéance de fin
de PSE de mars 2005 est repoussée à septembre 2005 ce qui est bénéfique pour
tous les salariés qui n’ont pas encore trouvé de solution. Tant qu’ils sont
« en PSE », les personnes sont encore salariées de l’entreprise.
9 juin
2005 : Manifestation à la Bourse
de Paris (Palais Brongniart)
Elle est
organisée par les fédérations CGT de la métallurgie et de la chimie. Bernard
Thibault, secrétaire général de la CGT, est présent.
Juin 2005 : Le vidage du site se poursuit
L’activité Vrac,
seule activité restante sur le site et non incluse dans le PSE est transférée à
Croix de Berny.
Juin 2005 : Le CHSCT commande une
enquête en psychodynamique du travail
Cette enquête
porte sur les souffrances des salariés. Elle sera menée de septembre à novembre
par le cabinet Essor Consultants. Le rapport d’Anne Flottes et Pascale Molinier est intitulé : « Recherche sur la
souffrance des salariés confrontés à la fermeture de leur établissement. »
Juin 2005 : Le Comité d’Établissement
(CE) commande une enquête sociologique
Menée par Mélanie
Guyonvarc’h (Université d’Evry Val d’Essonne),
l’enquête porte sur les conséquences du plan social sur les salariés. Les 44
entretiens se dérouleront d'août 2005 à janvier 2006. Le rapport
s’intitule : « De la " sauvegarde de l’emploi " à la
fermeture d’un centre de recherche – Étude sociologique du Plan de Sauvegarde
de l’Emploi d’Aventis Pharma (2003/2006) à Romainville (Seine Saint-Denis – 93) »
Septembre 2005 : Issue pour les salariés nés en 1949
Un accord est
trouvé avec la direction : La Cessation anticipée d’activité (préretraite)
est proposée aux salariés nés en 1949 par dérogation à l’accord-cadre du
groupe. Cette mesure ne concerne que le personnel encore sur Romainville. (Elle
exclut les salariés nés en 1949 qui ont accepté leurs transferts). La direction
refusera d’étendre cet accord aux personnes nées en 1950.
13 ET 28
septembre 2005 : Manifestation sur le site de Chilly-Mazarin (ex-établissement de
Sanofi-Synthélabo)
Il s’agit de
défendre les salariés qui n’ont pas trouvé de solution (salariés nés en 50 dont
la direction a refusé la CAA). 6 salariés de 55 ans seront licenciés le 30
septembre. Ils ont travaillé en moyenne près de 34 ans pour l’entreprise, dans
le groupe. Ils percevront les indemnités Assedic avec, en corollaire, une
insécurité liée aux décisions gouvernementales actuelles.
3 salariés de 55
ans ont commencé à travailler très jeunes, et se voient proposer un départ en
retraite en 2006 (loi Fillon).
Pour les plus
jeunes, 2 d’entre eux ont eu des propositions acceptables de reclassement dans
le groupe.
Octobre
2005 : Proskélia (filiale à 90% d’Aventis) basée sur le parc
Biocitech licencie
En 2002, Aventis
s’est désengagé de ses activités consacrées à la Maladie de l’os. Ces activités
ont été reprises par Proskélia qui est une création
d’Aventis qui détient 90% de son capital. Il s’agit d’un « spin-off », c’est-à-dire une filiale essaimée. Basée
sur le parc Biocitech, elle emploi majoritairement des anciens salariés de
Roussel-Uclaf. Dans le cadre du projet de réindustrialisation,
Aventis s’est engagée à soutenir financièrement la société pendant 3 ans jusque
fin août 2005. Deux mois après la fin de cet engagement, Proskélia
licencie 20 de ses 100 salariés. Peu avant, Proskélia
et Strakan ont fusionné pour former Prostrakan. La nouvelle direction ne veut plus accorder la
priorité aux activités de recherche.
L’exemple de Proskélia montre la fragilité des petites sociétés du parc
technologiques.
Décembre 2005 : Naissance du projet
d’un livre
Lors « d’un
mardi » (selon l’expression usitée par les salariés pour désigner leur
réunion hebdomadaire), le personnel décide qu’un livre sera écrit.
L’association RU est créée pour mettre en œuvre cette décision puis pour faire
naître et organiser des débats autour des questions posées par le livre avec
des salariés (sur les site de Sanofi-aventis en
France) et des citoyens (notamment dans les lieux culturels de la
Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne).
Fin 2005 : Un premier bilan de la réindustrialisation bien en dessous des objectifs
Les entreprises
extérieures installées à Biocitech représentent à peine 300 emplois sur
l’engagement de réindustrialisation de 1035. En
septembre 2005 le site représente aux alentours de 500 emplois (300 sur
Biocitech et 200 salariés de sanofi-aventis au Centre de production).
Au 31 décembre 2005, l’effectif total inscrit au
Centre de recherche Romainville
est de 46 salariés.
L’effectif du Centre de production de Romainville (sanofi-aventis)
est d’environ
250 salariés.
L’année 2006
13 avril
2006 : Lettre de l’Inspection du
travail au directeur de l’établissement de Romainville concernant les
licenciements économiques
Extrait : « Le motif économique invoqué n’est pas
avéré, la direction n’ayant pas démontré, ni en 2002, ni à la date de la
demande que la réorganisation et les suppressions d’emplois qui ont été faites
consécutivement étaient indispensables à la sauvegarde de la compétitivité de
l’entreprise au sens de l’article
L.321-1 du Code du travail »
31 mars
2006 : Le CHSCT et le CE sont
dissous
Il était prévu
que les instances représentatives du personnel seraient dissoutes mi-septembre
2005. Elles ont été maintenues jusqu’à mars 2006 car des solutions restaient à
trouver pour certains salariés.
Le CE pratique à
sa dévolution (la dispersion du patrimoine social et culturel).
Mai 2006 :
Première rencontre entre les salariés et Sylvain Rossignol
L’association RU
expose à Sylvain Rossignol sa demande : « Raconter Romainville :
le travail, les hommes et les femmes, la lutte pour sauver l’usine. »
Les 60 entretiens
se dérouleront d’octobre à décembre 2006 dans les étages vides du bâtiment
Fayol du centre de recherche de Romainville. Puis de janvier à avril 2007 à la
bourse du travail de Romainville et à celle de Bobigny.
8 juin 2006 : Action
syndicale : Manifestation au nouveau siège du groupe, avenue de France,
pour le maintien des conditions de la complémentaire santé
Au 31 décembre
2006, l’effectif total inscrit au Centre de recherche Romainville est de 0
(zéro) salarié, et ce depuis le 30 juin.
La direction a
mis 3 ans et demi (ouverture du livre III le 18 octobre 2002) pour vider le
Centre de Recherche de Romainville (871 salariés) au lieu des 2 ans prévus. Et
plus de 7 ans par rapport au projet initial Monitor (décembre 98).
L’année 2007
Prolongation de
la convention qui lie Sanofi-aventis à ses
engagements de réindustrialisation
Tout comme en
2006, les syndicats sont intervenus auprès du préfet en pointant les manquements
de sanofi-aventis vis-à-vis des objectifs inscrits dans le plan de réindustrialisation. En conséquence, sanofi-aventis
prolonge pour la deuxième fois le contrat qui devait initialement se terminer
en septembre 2005 (notamment par son soutien financier au fonctionnement du
parc Biocitech).
Juin 2007 :
La maire de Romainville préempte 8 hectares du site Biocitech pour en faire une
ZAC (Zone d'aménagement concerté)
Pour la ville, il
s'agit "d'écarter toute dérive
spéculative ultérieure", et d'intégrer ce parc à une future Zone
d'aménagement concerté (ZAC) de 50 hectares, dont la construction doit démarrer
en fin d'année. Sanofi-aventis conteste cette
décision devant les tribunaux, est débouté mais fait appel.
Juin 2007 :
Un médicament contre l’obésité interdit à la mise sur le marché américain
Les
échos 07/01/08 – « Obésité -
Pilule amère pour sanofi-aventis : sanofi-aventis comptait en faire un « blockbuster
». Au mieux, ce sera un petit produit. En juin, les experts de la Food and Drug Administration ont
recalé Acomplia (rimonabant), le nouveau médicament
contre l'obésité. Ils avaient été alertés par les effets secondaires
psychiatriques sévères - aggravation des tendances suicidaires - observés lors
des essais cliniques.[…] Quant au refus américain, il
est catastrophique, vu la prévalence de l'obésité aux États-Unis. Au terme d'un
développement qui a duré douze ans et consommé plusieurs centaines de millions
d'euros, c'est un échec cuisant. »
Sanofi conteste
cette décision.
Par ailleurs, un
cabinet d’avocats américain a déposé contre le laboratoire une plainte en nom
collectif (« class action ») pour informations trompeuses et
mensongères. Le cabinet estime ainsi que le groupe
français, qui a longtemps communiqué sur les retombées financières
énormes attendues de la vente de sa « pilule miracle » – avant
qu’elle ne soit retoquée par les autorités
américaines de la santé cet été – a trompé les investisseurs.
Fin 2007 :
les prévisions de la direction du groupe sont sombres, l’heure est aux
économies
Les grandes
lignes de la stratégie financière pour les années 2008 et 2009 sont tracées
ainsi par la direction au CCE du 13 novembre 2007 :
« - Les années 2008 et 2009 seront
dures : le chiffre d’affaire baisse dans des grands pays, et les premiers
nouveaux produits attendus sont pour 2010.
- La direction est obligée de faire une
contention forte des dépenses en R&D ; la R&D doit faire des
économies comme les autres activités du groupe. Certaines activités de R&D
pourraient même être arrêtées.
● Le budget 2008 sera en croissance
ZERO (frais de personnel compris). Les investissements seront en diminution de
50%.
● Concernant l’emploi la cible budgétaire de 2007 a été
dépassée. Il va falloir faire des priorités, tous les départs ne seront pas
remplacés. Il faut une forte contention de tous, CDI, CDD, Intérim.
● Concernant les investissements,
ils vont être réexaminés pour décider ceux qui seront poursuivis, reportés ou
stoppés. Tous les projets démarrés seront achevés »
15 novembre 2007 : Courrier d’un responsable de sanofi-aventis aux salariés de recherche
et développement
La lettre débute ainsi :
Chers collaborateurs,
Le contexte dans
lequel évolue l’industrie pharmaceutique s’est radicalement transformé au cours
des dernières années. II est donc essentiel non seulement d’appréhender cette
transition, mais encore de trouver des solutions adaptées et de les mettre en
place rapidement.
Permettez-moi tout
d’abord d’évoquer les derniers changements auxquels notre industrie doit faire
face.
Des défis à relever
Malgré une
rentabilité supérieure à celle des autres acteurs industriels et une croissance
soutenue, tant du chiffre d’affaires que des résultats, les perspectives de l’industrie
pharmaceutique n’apparaissent pas clairement aux yeux
des investisseurs. En effet, avec un rapport cours/bénéfice (ou PER) de 10 à
15, notre activité est actuellement sous valorisée comparativement à celle des
secteurs de l’automobile ou de la chimie, qui affichent un PER de 20.
Que constatons-nous
en examinant simplement quelques-uns des défis auxquels nous sommes confrontés
?
[…]
·
Le mouvement
accru de concentration et de mondialisation de l’industrie pharmaceutique n’a
pour l’heure, pas porté ses fruits. »
Biocitech totalise 17 entreprises et quelques 400
salariés, loin des 1035 prévus par la convention signée par Aventis.
L’effectif du Centre de production de Romainville
(sanofi-aventis) est d’environ
250 salariés.
L’année 2008
Avril 2008 : Sortie en librairie du livre
« Notre usine est un roman » et mise en ligne du site www.notreusineestunroman.com
Pour les
salariés, le livre n’est pas une fin en soi. Il est un moyen de rendre public et de politiser la
question de la santé. C’est pourquoi ils décident d’organiser des débats.
Le site Internet
a plusieurs vocations :
·
Apporter des
compléments au livre : photos, mise en ligne de l’étude sociologique
(portant sur le plan social à Romainville) et de psychodynamique
du travail…
·
Informer de l’actualité
du livre : tables rondes, critiques de la presse…
·
Être un lieu
d’échange d’opinions et d’idées.
En prévision pour l’été
2008 : deux jugements des prud’hommes
Ils concernent deux groupes des salariés. D’un côté les salariés de
Dalcéo et Sogérès anciennement salariés Aventis. De l’autre les salariés sanofi-aventis
licenciés, reclassés, ayant trouvé du travail hors de
l’entreprise ou ayant créé leur entreprise et qui réclament réparation auprès de sanofi-aventis.
Quelques éléments de la
politique actuelle chez sanofi-aventis
·
Restrictions de budgets de R&D, de formation, de participation aux
congrès et séminaires ; Gel des embauches ; Austérité salariale (+
2,2 % en 2008, pas de job d’été pour les enfants du personnel) ; La
production de paracétamol sera délocalisée de Roussillon vers une filiale
chinoise ; La direction résiste à la demande de négociations sur la
pénibilité (en particulier des sites de production de travail en équipes.)
En mars 2008,
Biocitech totalise 21 entreprises et près de 500 salariés,
sur les 1035 prévus
par la convention signée par Aventis.
L’effectif du Centre de production de Romainville
(sanofi-aventis) est d’environ
250 salariés